Les principaux mythes de l’entrepreneuriat

Ce n’est pas plus de sciences et de techniques dont nous avons besoin dans l’entrepreneuriat, mais plus d’intelligence émotionnelle

Les mythes liés à l’entrepreneuriat sont énormes. Pour me faire idée sur la perception que le citoyen lambda a de la chose, je me suis amusé à poser à ceux qui le voulaient la question suivante : « qu’est-ce qu’un entrepreneur ? ». Les dizaines de réponses collectées tendent à associer l’entrepreneur à une personne fortunée, courageuse, hautement ingénieuse, savante et rompue dans le domaine des affaires. Voilà déjà des définitions qui à elles seules pourraient dissuader des millions de jeunes à s’y lancer car ne se reconnaissant pas dans ces qualifications. Il y a des principes qui ne se marient plus avec les donnes de l’économie moderne. Sans plus tarder, allons-y découvrir les quatre (04) principaux mythes à déconstruire pour accéder au monde des possibilités entrepreneuriales.

Mythe 1 : Confusion de l’entrepreneuriat à une question de moyens financiers

L’un des critères désuets qui empêche les jeunes d’entreprendre, est celui lié aux questions des fonds. Nous aurions compris un tel critère à une autre époque où les entrepreneurs faisaient face à une méga structure composée de salariés et de gros logistiques impliquant de gros impôts, des questions d’assurance, des garantis bancaires,… De nos jours avec la diversité des leviers telles les approches collaboratives, participatives, l’internet, les prestations de service avec les freelances… il ne doit plus  être question de faire des finances un blocage au point d’abandonner  au bas-côté de la route les rêves qui vous tiennent à cœur. Il y a véritablement une réelle révolution des principes de l’entrepreneuriat qui se moque des questions de finances. Il existe, loin des lentilles médiatiques, des gens qui, partis de rien ou presque, sont en train d’aller désormais à quelque part sur la base qu’une passion, d’une compétence, d’une expérience tout en apportant de la valeur au monde. En dépit de ces possibilités nouvelles, il y a des passéistes qui continuent d’enseigner des mégas connaissances dignes des mégas structures entrepreneuriales à des jeunes étudiants qui pourtant n’attendent que de petits leviers pour démarrer à leur échelle. Ces types d’enseignement  laissent dans l’esprit des jeunes étudiants le sentiment que sans argent, ils ne peuvent rien entreprendre.

Quand vous voyez ces experts sur les chaines de télévision en train de vulgariser des conseils pour entreprendre, vous aurez l’impression qu’ils ne parlent pas de vous mais de ceux qui peuvent entrer dans l’entrepreneuriat par la grande porte. À les écoutez, vous les entendrez parler de local à louer, de salariés à recruter, de toute la logistique à disposer… Autant de choses qui  au bas prix s’élèvent à des millions de CFA…sans garanti de succès. Alors que du bas-côté de la route, il y a des millions de gens comme vous et moi pétillants d’ingéniosités et qui n’ont d’arme que leur idée et leur envie de bâtir quelque chose. Ceux-ci ne veulent, car c’est ce qu’ils peuvent avoir, que le réconfort et une bonne dose de psychologie qui leur permettra d’entrer par la petite fenêtre et rejoindre à leur façon la grande masse à l’intérieur de la maison de l’entreprise.

Mythe 2 : Confusion de  l’entrepreneuriat à une question de connaissances

Lorsqu’un jeune porteur de projet, soucieux d’apporter ce qu’il a au monde, s’approche d’un expert de l’entrepreneuriat dans le but de savoir par quel bout saisir son projet, il entendra ce dernier lui donner des conseils tels :

  • Définir ton sujet,
  • Définir ton objectif,
  • Identifiez votre publique cible,
  • Faire votre étude du marché,
  • Rédiger votre business plan…

C’est du moins ce qu’il m’est donné d’entendre à chaque fois que j’ai l’occasion de les voir ou de les entendre intervenir. Ces indications sont (1) trop mécaniques et ne  tiennent pas compte du besoin réel du petit porteur de projet. (2) inadapté aux petits porteurs de projet. (3) plus stressant que le projet lui-même. De tels critères de l’entrepreneuriat volent au-dessus des attentes de la jeunesse si bien qu’ils ne se sentent pas concernés.  Culturellement, ce sont les grands projets que l’on aime mettre en valeur, les contenus notionnels, les grands travaux, les grandes théories économiques, mais aussi les grandes écoles, les grands corps d’État, etc. ; tous ne parle que de mégas structures comme si la priorité devait être donnée aux « choses grandes ». Cette culture du « grand » pose problème. Ce n’est d’ail­leurs pas tant le fait qu’il faille être grand qui pose problème mais plutôt le fait que cet impérieux objectif occulte le préalable selon lequel avant d’être grandes, les choses ont été le plus souvent petites. Tout se passe comme si le « devenir grand » était un impératif sans étapes intermé­diaires.

Il va falloir que l’on procède par une redéfinition qui intègre toute la vulnérabilité humaine et les réalités des petites initiatives entrepreneuriales. Entreprendre c’est commencer petit pour devenir grand ; c’est partir de rien et réaliser des merveilles ; c’est partir d’une idée et la transformer en son équivalent matériel. La jeunesse a besoin d’entendre que c’est possible pour emboiter le pas. Mais lorsqu’on résume tout à des questions élitistes, financières et surhumaines, il va de soi que l’on joue à  dissuader porteurs de projet plutôt qu’à les encourager. Des études sérieuses ont été menées par des experts auprès des personnalités et des leaders à succès dans le but de déceler les critères qui font l’entrepreneur à succès. Et, rapidement ces étoffes ont été mises en évidence. Ceux qui réussissent sont des gens qui ont de la vision, la force de caractère, la flexibilité, la capacité de résilience, le courage, l’art de communiquer, le goût de l’effort et un peu de technique. Cette étude nous montre clairement et sincèrement que ce n’est pas de plus de techniques et de sciences dont on a besoin, quoi que. On a juste besoin d’assises humaines conséquentes. La plus part de ceux qui s’en sortent vous diront qu’ils ont plus brillé psychologiquement que techniquement. Le succès est plus une question d’intelligence émotionnelle que de QI ou d’attitude « kamikaze ». D’autres seraient en train de se demander ce que pourrait bien apporter l’intelligence émotionnelle à l’entrepreneuriat. Elle apporte la volonté de se dépasser, l’engagement, le courage, l’abnégation, le goût de l’effort, l’intelligence sociale et relationnelle, l’empathie, le sens du devoir, la discipline, le caractère, le don de soi, le goût de la solution constructive, de la justice et de l’équité, l’attitude gagnant-gagnant…

Vous avez entre vos mais les clefs aux multiples problèmes du monde. Que vous soyez diplômés ou pas, l’essentiel c’est d’être mordu par la volonté d’apporter sa pierre à l’édifice commune. Il est, certes, vrai que celui qui n’a aucune idée de ce qu’il veut faire ou de comment il le fera ne saurait l’entreprendre à merveille. Mais nous devons savoir que l’entrepreneuriat, est plus une question d’état d’esprit, de psychologie, de vision, de stratégies que de la technique seulement. Celui qui vient aux informations a le plus souvent des doutes, une confiance fragile, du stress, de la peur qu’il souhaite faire voler aux éclats afin de pouvoir mettre librement son génie créateur au profit de son projet. Il n’a le plus souvent besoin que de l’assurance et ce, par des histoires de succès, de l’incitation, de la galvanisation qui sont plus nourricières que de pures techniques. Tout porteur de projet a plus besoin de psychologies que de techniques. Consentir d’être petit avant de devenir grand, c’est augmenter ses chances de démarrer son activité quand on sait que le souci de grandeur empêche beaucoup de voir prendre forme leur entreprise.  Humanisez l’accompagnement entrepreneurial, et dites aux porteurs de projet qu’ils feront le buzz et laissez-les vous montrer par quel chemin ils passeront !

Mythe 3 : Confusion entre entrepreneur et preneur de risque !

Dans l’ancienne modalité, disons-le, entreprendre serait prendre un gros risque dans la mesure où cela engageait de lourds investissements et de temps sacrement long. Il est bien vrai qu’il y a un adage qui dit que le plus grand risque dans la vie c’est de ne pas prendre de risque, mais de l’expression  ‘‘ne pas prendre de risque’’ on peut entendre ‘‘ne rien essayer.’’ De par le passé, nous avions des exemples d’échecs qui ont littéralement cloué le  responsable de l’entreprise au sol. En son temps, les études de marché et les longues planifications faisaient partie des critères en vogues. Si fait qu’après les bonnes prédictions d’une étude de marché, le porteur de projet s’isole dans son salon et se met à créer son produit pendant des années, fier à l’idée d’être en train de créer ce dont ont besoin les potentiels consommateurs.

Mais le plus souvent, à la sortie du produit conçu pendant 5 bonnes années, il découvre que ‘‘ce qu’il pensait être bon pour le client était différent de ce qui est bon pour le client’’. De nos jours avec la possibilité de tests rapides sur la base d’un produit minimum viable, on peut rapidement pivoter ou changer sans porter atteinte à notre équilibre, et à notre potentialité d’entreprendre. Plutôt que parler de risque, il sied de parler de liberté. L’entrepreneur est celui qui a le goût de la liberté étant entendu que sa passion se doit d’être sa matière première et l’utilité social, la raison de son engagement. Sur la route de l’entrepreneuriat, travaillons à être moins méfiants et plus confiants car dans la méfiance nous ne pourrons pas déployer pleinement notre leadership et notre plein potentiel au service de ce qui nous tient à cœur.

Mythe4 : Confusion de l’entrepreneur à celui qui doit avoir une forte  culture de la prévoyance

Nous sommes dans un monde marqué par une forte instabilité et un dynamisme sans précédent. Les aléas socio-politiques et économiques agitent sans cesse le monde. Si fait que l’approche traditionnelle sur fond de prévoyance s’avère inefficiente. Nous n’avons aucune idée de la nature du vent qui soufflera dans 1, 2, 5 ou 10 ans. C’est pourquoi de nos jours, la psychologie, la flexibilité, la résilience, l’adaptabilité sont les plus importants leviers dont a besoin un porteur de projet pour le rendre viable. Nul ne peut prévoir quoi que ce soit dans un monde beaucoup plus agile et volatile. De nombreuses personnes ont perdu goût à leur projet à force de trop longtemps planifier. Dans l’économie d’aujourd’hui, il y a tellement d’inconnus, d’impondérables et d’inattendus à tel point que malgré notre ruse, ce qui finit par compter c’est notre capacité de réaction et de flexibilité une fois que nous sommes sur le terrain. Le secret est le suivant : moins de planification, plus d’actions, plus d’exécutions, plus de flexibilités. Tels étaient pour cet article ce que j’ai prévu dans le but de faire de l’entrepreneuriat, une merveilleuse aventure et non une réalité stressante. En rappel l’entrepreneuriat n’est pas une question:

  • De moyens financiers,
  • D’élites,
  • Du goût du risque,
  • D’esprit de prévoyance.

Il est juste une nécessité humaine, spirituelle, existentielle accessible moyennement une bonne dose de psychologie et d’intelligence émotionnelle. Maintenant que ces mythes ont été déconstruits, qu’attendez-vous pour saisir votre part du marché en promouvant votre passion ? Merci de me lire jusqu’ici, mais avant de décrocher, dites-moi lequel des mythes vous empêchait de descendre sur le terrain de l’entrepreneuriat.  J’ai hâte de vous lire et d’interagir avec vous pour qu’ensemble nous évoluions un pas à la fois.

                                                Ma    G   R   A   T   I   T   U   D   E  à tous et à toutes!!!!!!

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